La nappe libre de Crau correspond à une plaine triangulaire de surface approximative 540 Km², bordée au Nord par la chaîne des Alpilles, par les marais du Grand Rhône à l’Ouest et l’étang de Berre à l’Est. Sa superficie en fait un aquifère d'importance régionale. Son épaisseur varie entre 1 et 30 m et son niveau piézométrique entre 0,5 et 6 m, fluctuant en fonction de la situation géographique mais également en fonction des saisons..

La nappe de la Crau s'écoule en direction du Sud-Ouest, depuis Lamanon au Nord vers les marais de Raphèle et de Fos. Cette nappe peut être séparée en deux sous-entités. En effet, une ligne de partage des eaux délimite deux sous-bassins versants:

  • un sous-bassin occidental: la Crau d'Arles
  • un sous-bassin oriental: la Crau de Miramas.

L'écoulement de la nappe dans la partie Sud est orientée Nord-Est/Sud-Ouest, avec un gradient très faible de 0,5 pour mille.

 

Carte hydrogéologique de la Crau (Source : BRGM)

Carte hydrogéologique de la Crau (Source : BRGM)

Bien que n’ayant pas d’échange avec la nappe de la Durance, la nappe de Crau dépend du système de la Durance par le biais des réalimentations par l’irrigation gravitaire.

Les infiltrations dues aux irrigations gravitaires sont prépondérantes dans l’alimentation de la nappe de la Crau, et proviennent surtout des 12 000 ha de prairies de foin de Crau. Ce sont ainsi un peu plus des 2/3 de l’alimentation de la nappe qui proviennent de l’irrigation gravitaire.

Sur une grande partie du territoire, il en résulte un régime de fluctuations annuelles artificielles marqué par de hautes eaux en été (irrigations de fin mars à fin septembre) et un régime de basses eaux en hiver contrairement au fonctionnement classique des nappes méditerranéennes. Ainsi, c’est pendant la période d’arrosage, de juin à septembre, que la nappe phréatique est la plus haute.

L'alimentation du réservoir phréatique due à l'irrigation gravitaire est la première des externalités.

Cette restitution est effective au travers :

  • Des infiltrations à partir des ouvrages de transport d'eau (canaux), qu'ils soient d'alimentation ou de colature. Son importance dépend alors du type de canal (bétonné ou en terre)
  • Des infiltrations depuis les parcelles irriguées, les plus importantes
  • Des infiltrations liées à la pluviométrie par les deux voies sus citées, du fait des canaux qui recueillent les eaux de ruissellement et du fait de l'infiltration favorisée par les parcelles "mouillées" devant des zones imperméabilisées ou sèches.

 

Dans le sud-ouest, les variations montrent des niveaux de hautes eaux en hiver ce qui s’explique par l’absence de prairies irriguées dans ces secteurs et par l’influence de la pluie.

 

 

La recharge de la nappe a donc lieu en période estivale, période de production agricole, ce qui est d'autant plus appréciable que c'est également la période de pointe en ce qui concerne les prélèvements et notamment les prélèvements en eau potable.

 

L’amplitude des variations de niveau peut aller de 50 cm (secteurs non irrigués) à plus de 10 m (secteurs irrigués).

 

La nappe de la Crau constitue une réserve estimée à 550 Mm3 qui est fortement sollicitée pour l’alimentation en eau potable des populations mais aussi pour les besoins des activités industrielles et agricoles ce qui tend à fragiliser son équilibre quantitatif.

Cette nappe est peu profonde (1 à 5 m) et est située dans un sol caillouteux, ce qui la rend vulnérable aux éventuelles pollutions.

 

Dans ce cadre,  le SYMCRAU (Syndicat Mixte de Gestion de la Nappe de la Crau) effectue un suivi piézométrique patrimonial de la nappe.

 

 

 

Pour en savoir plus:

- le site internet du SYMCRAU

- la page dédiée au Contrat de Nappe en Crau

     

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