Les mots des Présidents

Jean-Louis PLAZY,

Président du Contrat de Canal depuis Avril 2013, syndic à l’ASCO des Arrosants de la Crau, à l’ASA du Centre-Crau et premier vice-président du Syndicat Mixte de Gestion des Associations du Pays d’Arles.

"Le 17 avril 2013 j’ai été amené à succéder à Louis Arlot pour la présidence du contrat de canal. Ce dernier après avoir initié cette démarche et l’avoir conduite avec succès pendant plus de 3 ans a souhaité me transférer cette tâche.

 

Le contrat de canal Crau Sud Alpilles formalise l’engagement de ses signataires à tout mettre en œuvre pour assurer une gestion équilibrée de la ressource en eau sur ce territoire.

Depuis environ cinq siècles, l’initiative d’Adam de Craponne a permis l’utilisation des canaux issus de la Durance, d’abord pour faire tourner des moulins grâce à la force motrice de l’eau, puis il y a prés de deux siècles pour l’irrigation agricole d’un vaste territoire de plus de 19 000 hectares.

Aujourd’hui le système d’irrigation Crau Sud Alpilles compte 243 km de canaux principaux, 370 km de filioles (hors gestion privée) qui permettent de délivrer 35 000 litres par seconde répartie entre plus de 7600 propriétaires fonciers. Il est géré majoritairement par une dizaine d’associations syndicales de propriétaires (ASP). De plus ce système d’irrigation permet d’alimenter à plus de 70% la nappe de Crau qui alimente de nombreux forages agricole et en e au potable plusieurs dizaines de milliers d’habitants.

Les tensions de plus en plus importantes sur la ressource en eau, l’accroissement des besoins, l’évolution des cultures et du mode de vie des agriculteurs, l’extension des zones urbanisées, les conséquences du changement climatique avec ses périodes de sécheresse plus fréquentes conduisent à repenser les modes de gestion de l’eau tout en préservant l’environnement et les bienfaits apportés par l’eau à notre territoire depuis des siècles.

Le contrat de canal se veut donc être l’outil qui permettra cette nouvelle gestion équilibrée de l’eau.

A l’initiative des dix principales ASP, de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, de l’État, de la Région PACA, du Conseil général des Bouches du Rhône, des collectivités et des milieux associatifs, une première charte d’objectif regroupant l’ensemble des partenaires impliqués directement ou indirectement par ce système d’irrigation avait été signée, il y a trois ans, en vue de construire ce contrat.

Le travail entrepris dans le cadre de cette charte a permis de finaliser cet engagement qui comporte

  • Un volet programmation contenant les actions qui seront conduites par les partenaires signataires ou associés. Compte tenu des contraintes qui pèsent sur le budget des associations d’arrosants et sur celui de leurs partenaires financiers, des choix ont du être effectués. Les actions retenues sont celles qui seront réalisées prioritairement et pour lesquelles les moyens financiers seront réservés.
  • Un volet gouvernance qui devrait permettre d’optimiser et de rationaliser la gestion des canaux et de renforcer leur représentativité dans les nombreuses instances intervenant sur la maîtrise de la ressource en eau, la gestion des risques, l’urbanisme, l’environnement et les travaux publics. Il doit permettre aussi de conforter la gestion technique et administrative des associations par une lise en commun de leurs expériences et d’une partie de leurs moyens. C’est un sujet difficile mais sur lequel chaque association d’arrosants est décidée à s’impliquer.
  • Un volet gestion de la ressource en eau. Par la mise en place de nouveaux équipements permettant de mieux réguler les débits, il sera possible de maîtriser les consommations d’eau et d’allouer les économies réalisées à la satisfaction de nouveaux besoins et pour partie à la disposition des milieux naturels.

La réalisation des actions contenues dans ce contrat permettra d’adapter aux contraintes du vingt et unième siècle ce système d’irrigation séculaire et d’en assurer la pérennité pour faire vivre notre territoire."

Jean-Louis PLAZY

 

 

Les mots des Présidents
Les mots des Présidents

Louis ARLOT,

initiateur du Contrat de Canal Crau Sud Alpilles et Président du Contrat de Canal Crau-Sud Alpilles, jusqu'en Avril 2013.

Louis ARLOT est Président de l'ASCO des Arrosants de la Crau depuis 1995. Cette AS d'irrigation de la Crau s'étend sur 9800 hectares et comporte 1500 adhérents. Depuis 2008, il est également président de l'Union Boisgelin Craponne, qui est le tronc commun de la distribution de l'eau de la plupart des canaux de Crau, pour une superficie globale d'au moins 25 000 hectares.

M. ARLOT voudrait sensibiliser les adhérents au changement actuel face à la réaction habituelle: "On a toujours fait comme ça donc on continue".

"Il y a actuellement un décalage entre l'idée que se fait chaque irrigant que les choses sont immuables et entre l'idée qui se profile de l'évolution des contraintes administratives, techniques, liées aux nouveaux usages de l'eau, au changement climatique.

Cette évolution entraine une frénésie de changements de tous ordres. L'administration tend à réorganiser les structures, les financeurs exigent ces mêmes réorganisatio ns pour aider aux investissements, et donnent une priorité au volet économie d'eau et environn em ent. La loi s'étoffe également pour encadrer au mieux les Asociations Syndicales de Propriétaires:

- loi sur l'eau, ordonnance des Juillet 2004, décret d'application de Mai 2006,

- DCE (Directive Cadre Européenne) sur l'Eau qui impose, d'une manière que l'on ne comprend pas toujours le bon état des eaux pour 2015,

- 9ème Programme de l'Agence de l'Eau, dont le premier effet est la modification de la redevance dont on avait prédit la baisse et qui, en réalité a été augmentée par deux pour le territoire de la Crau.

Notons également que les relations avec EDF changent. Il existe aujourd'hui de profondes réflexions sur de grands aménagements: Plan Durance, Etand de Berre, etc. EDF est donc tenté de puiser les suppléments d'eau qui lui sont nécessaires dans la réserve hydraulique d'été de Serre-Ponçon en interprétant une législation plus ou moins ambigüe.

Le bons sens d'une part, le fait que notre attitude est observée avec de plus en plus d'attention par les partenaires d'autre part, nous obligent à prendre en compte avec une sévérité accrue le gaspillage de l'eau. Cela passe par la sensibilisation des arrosants et bien que le coût de la main d'oeuvre soit toujours plus élevé, la surveillance des irrigations doit être de plus en plus rigoureuse. Cela passe par une réflexion sur les aménagements nouveaux de toutes sortes. Par exemple la mise en place d'une réseau d'irrigation par tuyaux pour arroser les jardins privés ou pour remplacer certaines filioles d'arrosage pour les prairies.

De plus, la régulation des canaux occupe une grande place sur le canal de Craponne, Branche d'Arles. Elle sera rendue possible par la nouvelle régulation du canal Boisgelin-Craponne, qui a connu de grosses difficultés en 2009, mais sera effective courant 2010.

Le budget relatif à l'entretien et aux travaux neufs à réaliser pour réhabiliter ou moderniser le réseau des canaux est extrêmement important, alors que les ressources sont relativement limitées.

Toutes ces évolutions et d'autres encore non évoquées ici entrainent une nouvelle vision des relations entre les Associations Syndicales de Propriétaires, les anciens et les nouveaux usagers de l'eau, les financeurs et également la puissance publique qui est notre tutelle mais aussi notre garant.

Le système actuel, vieux de plus de 50 ans n’a pas été conçu pour faire face à ces changements et à ces nouveaux usages. Il convient donc de « se poser des questions ».

 

La conséquence et la conclusion sont la mise en place du Contrat de Canal.

La démarche du Contrat de Canal a pour but de regrouper tous ceux qui sont concernés, comme par exemple : les syndicats d’irrigation, mais aussi les élus des villes, communes et communautés de communes, l’Agence de l’Eau, les Conseil Général et Régional, le Syndicat Mixte de la Nappe de Crau (SYMCRAU), etc. D’une manière générale « tous les gens qui sont liés à la bonne utilisation de l’eau et au maintien des conséquences de l’irrigation ».

L'idée du Contrat de Canal a émergé en 2007 et a été mise en place en 2008. Au départ la démarche était entièrement portée par l'ASCO des Arrosants de la Crau, et son Directeur Technique. La tâche s'est avérée plus importante que prévue, c'est pourquoi il a été décidé de mettre en place une structure beaucoup plus conséquente avec l'embauche d'une chargée de mission et l'appel à un Bureau d'étude pour l'assistance et l'accompagnement dans la démarche de concertation. Ceci a été possible grâce au soutien des pouvoirs publics."

Louis ARLOT

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